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Type : enceinte, citadelle, défense hydraulique, fort
Ingénieurs : Jean Errard de Bar-le-Duc, Pierre de Conti d’Argencourt, Sébastien le Prestre de Vauban
Département / Région : Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais
Coordonnées : 50°56’53’’ N ; 1°51’23’’ E

La première enceinte fortifiée de Calais

Calais, ville fondée au XIIe siècle par les Comtes de Flandre, reçoit au XIIIe siècle ses premières fortifications urbaines. Le flanc ouest est protégé en 1228 par un château doté d’une imposante tour détachée. L’enceinte est rénovée en 1228 par le comte de Boulogne Philippe Hurepel, fils du roi de France Philippe II Auguste. Les dimensions de l’enceinte urbaine sont alors de 1100 mètres sur 400, flanquée de 44 tours semi-circulaires, percée de quatre portes, ces dernières précédées d’avant portes posées sur une terrée circulaire en dos-d’âne. Prise par les Anglais en 1346, elle demeure fief de la couronne anglaise jusqu’en 1558. De nouveaux ouvrages défensifs, prémices du futur fort Nieulay, sont mis en place pour contrôler le pont de Nieulay à l’ouest de la ville, pont qui commande les défenses hydrauliques. Le fort Risban est réalisé pour protéger le chenal d’accès à la mer. L’enceinte est adaptée à l’artillerie moderne par la mise en place de nouvelles tours pour le canon et de boulevards d’artillerie. Après la reconquête française en 1558, l’enceinte est bastionnée. François II décide de construire une citadelle carrée qui englobe le château médiéval en 1560. A cette occasion, plusieurs quartiers de la ville disparaissent. Sous Henri IV, de nombreux chantiers sont menées sous la direction de Jean Errard afin de renforcer les enceintes de la citadelle et de la ville. En 1627, Richelieu remanie le fort Nieulay et le relie à un ouvrage à cornes. Le pont-écluse se trouve alors à portée de canon du fort. En 1632, il décide de transformer la citadelle en arsenal maritime et la dote de nombreux bâtiments : magasins, poudrières,…

Vauban à Calais

En 1659, Calais perd son importance stratégique suite à la reconquête de Gravelines par Louis XIV. Vauban est cependant chargé de remanier la place à partir de 1677. Ses travaux incluent des modifications à la citadelle et sur l’enceinte urbaine. Vauban rappelle l’importance du fort Nieulay pour pouvoir inonder le pays et secourir Calais. Il décide de raser l’ancien fort et de le reconstruire plus à l’ouest, à cheval sur la rivière afin de mieux assurer la défense du pont. Ce nouveau fort se présente sous une forme rectangulaire à quatre bastions d’angles et deux demi-lunes au milieu des largeurs. À l’intérieur, il est doté de casernes, d’un arsenal, d’une chapelle, de magasins et d’une citerne. Les travaux qui durèrent de 1677 à 1679 permirent de mettre à l’abri les trois écluses qui inondaient le Calaisis en introduisant l’eau de mer et en empêchant l’écoulement des eaux du pays. Au fort Risban, Vauban projette la construction d’une demi-lune à l’ouest, reliant le fort à la grande digue. Mais faute de moyens financiers, rien ne vit le jour et le fort ne fut pas modifié. Quant à la citadelle, elle est modifiée par la disparition définitive du château médiéval qu’elle a englobé dans l’un de ses bastions. Ces chantiers prennent fin en 1690.

Les fortifications au XIXe siècle

Au XIXe siècle, 1000 soldats sont logés dans les casernes de la citadelle. Elle est dotée de citernes, de poudrières, de magasins aux vivres et d’étables. En 1940, bien qu’en ruine, le fort Nieulay abrite une poche de résistance visant à ralentir l’avancée allemande vers Calais. Après de lourds bombardements, il est pris par la Wehrmacht qui y édifie un blockhaus et des batteries anti-aériennes.

État actuel

Les forts de Risban et Nieulay subsistent toujours. Le fort Nieulay, réhabilité par la ville de Calais dans les années 1980, est désormais ouvert au public. Le fort Risban est inscrit au titre des Monuments historiques en 1990. Il reprend vie dans les années 1950 avec l’arrivée d’une école de voile qui occupe toujours les lieux. Aujourd’hui, les deux forts sont classés au titre des Monuments historiques et ouverts à la visite. Il subsiste également une citerne subaérienne pour l’eau de consommation. De la citadelle, il subsiste encore les remparts et la porte côté ville, La porte de Neptune, classée au titre des Monuments historiques en 1939. Les fossés inondés ont aussi été conservés. Les constructions internes de la citadelle, de même que la majeure partie des superstructures des remparts et de l’enceinte, ont disparu, pendant la Seconde Guerre mondiale et la reconstruction des années d’après-guerre. Le plan-relief de 1691 réalisé au 1/600e, mis à jour en 1833, est conservé au Musée des Beaux- Arts de Lille.

Orientation bibliographique

FAUCHERRE (N.), HANSCOTTE (F.), La route des villes fortes du Nord, Paris, 2003.
LENOIR (L.), A la découverte des anciennes fortifications de Calais, s. l. n. d..
LENOIR (J.-C et L), Risban d’hier et d’aujourd’hui, t. XVIII, 1998.
WARMOES (I.), Les plans-reliefs des places fortes du Nord dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Lille, Lille-Paris, 2006.


Légendes (de haut en bas) :
  • Calais, plan de 1693, Krigsarkivet, Stockholm.
  • Vue aérienne de Calais, GoogleEarth, 19/07/2010.
UNESCO RSMV