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Givet - Charlemont

Type : enceinte, citadelle, urbanisme, camp retranché
Ingénieurs : Jacques Van Oyen, Sébastien le Prestre de Vauban, Claude François Bidal Marquis d’Asfeld
Département / Région : Ardennes, Champagne-Ardenne
Coordonnées : 50° 08’ 20’’N ; 4°49’ 30’’E

Les fortifications de Givet

La ville de Givet s’est développée au confluent de la Meuse avec la rivière de la Houille. Givet Saint-Hilaire est doté d’une enceinte agrandie en 1555 au moment où Charles Quint fortifie Charlemont. Après la conquête de la ville par la France en 1680, en même temps que Charlemont, la ville est dotée de fortifications et d’équipements militaires proposés par Vauban dans son premier projet, sur ses deux rives séparées par la Meuse. Sur la rive gauche, reliée à Charlemont par des ouvrages fortifiés à partir de 1680, une grande caserne de cavalerie est édifiée dès 1675. Le chantier de l’église Saint-Hilaire débute en 1682 et s’achève en 1702. Sur la rive droite, le quartier de Notre-Dame est enveloppé d’une nouvelle enceinte et agrandi jusqu’au pied du plateau du Mont d’Haurs. L’église Notre-Dame est édifiée de 1676 à 1680. Après la réalisation du second projet de Vauban, datant de 1697, les deux bourgs sont dotés de casernes et de six portes. L’enceinte urbaine est bastionnée, dotée d’ouvrages avancés.

Les fortifications de Charlemont

La ville de Charlemont est construite par les Espagnols à partir de 1555. L’extension est achevée en 1563-1564 sous la direction de l’ingénieur Jacques Van Oyen. À la fin du XVIe siècle jusqu’en 1675, les Espagnols construisent une seconde enceinte : à l’est, une tenaille devant les hauts bastions, à l’ouest, deux ouvrages à cornes, au nord, trois demi-lunes. Un fort est construit à la demande de Charles Quint et occupe une superficie de 60 hectares avec plus de dix kilomètres de remparts. Il est agrandi une première fois par Vauban en 1678. Charlemont est conquise définitivement par la France en 1680 ; Vauban s’empresse de compléter les défenses du site, ainsi que celle de Grand-Givet. Une tour de guet, la tour Maugis, située au nord, est remplacée par une redoute taillée dans le roc appelée Condé. La réalisation de ce projet se déroulera jusqu’en 1730 mais celui-ci restera inachevé. Deux casernes dont une de 400 mètres et un hôpital militaire sont construits au pied du fort. En 1697, Vauban agrandit une seconde fois le fort.

Le camp retranché

La protection des hauteurs qui dominent la rive droite de Givet est assurée par un camp retranché dessiné par Vauban en 1697 et installé sur le plateau du Mont d’Haurs. Le front principal était protégé par trois bastions, renforcés de demi-lunes. La protection des autres fronts est assurée par les falaises à pic. Vauban n’y installe que de simples remparts, doublés par des redoutes. 20 000 hommes et 3 000 chevaux doivent pouvoir y tenir garnison. Le camp, commencé en 1699, reste inachevé. Le site est abandonné en 1706.

Givet et Charlemont aux XVIIIe et XIXe siècles

Simple lieu d’accueil pour les troupes de La Fayette en 1791, le camp retranché est brièvement occupé par les troupes prussiennes à l’été 1815. A Charlemont, un troisième front dirigé vers l’ouest et le nord est partiellement réalisé par le marquis d’Asfeld : la Couronne d’Asfeld. Deux demi-lunes sont ajoutées à la redoute Condé au XVIIIe siècle, lui donnant son titre actuel de fort.

État actuel

Le déclassement de la place militaire de Givet en 1891 et 1892 entraîne la suppression des remparts, dont il ne reste que trois portes. Le tracé des rues du quartier Notre-Dame est repérable à sa forme orthogonale mais il ne reste quasiment rien des constructions d’époque à l’exception des deux églises. Le fort de Charlemont, déclassé en 1891, est bien conservé. Le fort Condé est accessible au public. Au bas du fort, sur la rive gauche de la Meuse, des vestiges des courtines urbaines créées par Vauban sont visibles. Les casernes ont disparu au XXe siècle.
Le camp retranché du Mont d’Haurs est l’unique camp retranché réalisé de Vauban qui n’a pas été détruit. La porte principale, dite porte de Secours, des souterrains, des galeries de communication et des salles de stockage subsistent. Il est intégré dans la Réserve naturelle nationale de la Pointe de Givet.

Orientation bibliographique

BERTRAND (P.), Givet-Charlemont, seul camp retranché réalisé, dans Vauban, entre Sambre et Meuse, Namur, 2007, p. 65-72.
BOTTINEAU-FUCHS (Y.), « Les camps retranchés chez Vauban » in Vauban réformateur, Paris, p. 55-70.
BOTTINEAU-FUCHS (Y.), « Ce terrible commandement, Vauban et la Montagne d’Haurs », in BRODIER (S.), L’histoire d’une place forte à l’époque moderne : Givet, Reims, Université Champagne-Ardenne, 2004, (thèse).
DE ROUX (A.), Villes neuves : urbanisme classique, Paris, 1997, p. 47-48.
Ouvrage collectif, Charlemont, Ardennes wallonnes, Cercle d’histoire régionale de la Pointe de Givet et terres limitrophes, Givet, 1993, in 4°, n° spécial.


Légendes (de haut en bas) :
  • Plan de Charlemont, des deux Givets et de la couronne d’Haurs, 1730, gallica.bnf.fr/ Bibliothèque nationale de France.
  • Vue de Givet-Charlemont, GoogleEarth, 28/06/2010.
UNESCO RSMV