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Type : enceinte urbaine et fort
Ingénieurs : Sébastien le Prestre de Vauban, Thomas de Choisy
Région : Land de Sarre
Pays : Allemagne
Coordonnées : 49°11’11’’ N ; 7°20’31’’ E

Les premières fortifications
Situé dans une vallée barrée en partie par une colline rocheuse, le site d’Homburg est occupé au moins depuis l’époque romaine. Un premier château est construit au XIe siècle et la ville se développe à son pied. Ce château est acquis en 1492 par les comtes de Nassau-Saarbrücken. Ils commanditent les premières adaptations modernes en 1558, quatre bastions d’angle et une demi-lune au sud. Le corps de logis devient un palais Renaissance. Ces chantiers s’achèvent en 1585 mais une seconde demi-lune est ajoutée en 1617, à l’ouest, au-dessus de la ville.
Possession lorraine, Homburg change plusieurs fois de souverains entre 1641 et 1679 avant d’être officiellement cédée à la France par le traité de Nimègue.

Les interventions de Vauban et de Choisy
Vauban visite la ville pour la première fois en février 1680. Il élabore un programme d’amélioration de la place forte avec Thomas de Choisy, l’ingénieur en charge des fortifications de la Sarre. Le château voit ses remparts dédoublés par un chemin-couvert. Les ouvrages bastionnés anciens sont restaurés. Un ouvrage à corne précédé d’une demi-lune, le tout taillé dans le rocher, est placé du côté est du château afin d’en améliorer la protection. Le ravelin du XVIe siècle protégeant l’entrée est du château est conservé et doté d’une caponnière pour battre le fossé. Les deux portes sont pourvues de corps de garde. Le palais sert désormais à loger les fonctionnaires du royaume de France. Pour leur protection en cas de bombardement, Vauban décide d’utiliser les grottes du rocher comme abri. Pour la ville, il édifie une enceinte comportant cinq fronts bastionnés, dont le rocher du château constitue la partie sud-est. Cette enceinte comporte deux bastions d’angle et une demi-lune flanquée de places d’armes rentrantes (à l’ouest), d’un bastion plein et d’une demi-lune (au nord) et d’un bastion retranché avec une tête de pont (à l’est). Ces chantiers sont achevés avant 1688 et le déclenchement de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg. Le traité de Ryswick de 1697 conduit les Français à démolir les ouvrages avant leur départ. Ceux-ci reviennent en 1705 pendant la Guerre de Succession d’Espagne. Vauban étant occupé à la défense de Thionville à ce moment-là, c’est un ingénieur inconnu qui reconstruit les ouvrages démolis en 1698 et ajoute un bâtiment supplémentaire dans la partie ouest du château. Ce bâtiment serait un logis du gouverneur. La place, partiellement démantelée, est restituée définitivement à la Lorraine en 1714.

Homburg du XVIIIe siècle à nos jours
Le XVIIIe siècle ne modifie pas les fortifications d’Homburg de manière visible. Ravagée pendant les guerres de la Révolution française, Homburg perd son château et le palais qui l’occupe démoli partiellement par les Français suite à la prise de la ville en juillet 1793. L’enceinte de la ville disparaît aussi à cette époque. Après 1815, les Prussiens ne rétablissent pas les fortifications.

État actuel
De l’œuvre de Vauban à Homburg, il ne subsiste aujourd’hui que quelques éléments du château dégagés dans les années 1980 : les restes de l’ouvrage à corne, la caponnière du ravelin Nassau, trois bastions et la demi-lune de la porte sud, tous arasés en partie. Les restes de la supposée maison du gouverneur bâtie en 1705 sont toujours visibles. De la demi-lune de l’ouest, il ne reste rien. Un restaurant en marque l’emplacement. Redécouvertes en 1930, les grottes abris sont depuis restaurées et ouvertes au public. De l’enceinte urbaine, il ne reste rien d’apparent.

Orientation bibliographique

  • BILLER (T.), “Das « bastionierte Schloss » als Bautypus des 16. Jahrhunderts - Zur Einordnung von Schloss und Festung Homburg“ in SCHMIDTCHEN (V.), (éd.), Festung, Ruine, Baudenkmal. Historische und Denkmalpflegerische Aspekte der Festungsforschung, (Collection Schriftenreihe Festungsforschung), 3, Marburg, DGF, 1984, p.25-48.
  • BOUCON (J.), Sur les pas de Vauban en Lorraine et au-delà des frontières, Metz, 2007, p. 76-79.
  • FLORANGE ( J.), « Hombourg, la forteresse » in Bulletin de la Société des Amis des pays de la Sarre, t. III, s. l. n. d., p. 26.
  • FLORANGE (J.), « Die Festung Homburg » in Homburgen Hefte, Homburg, 1972.
  • HOPPSTADTER (K.), “Burg un Festung Homburg” in Rheinische Viertelgahnbliëten, n° 19, 1954, p.370-401.
  • LOTZ (F.), Geschichte der Stadt Homburg, ba I, 1964.
  • SCHMIDTCHEN (V.),“Von der Ruine zur Touristenattraktion ? Anmerkungen zu Ausgrabungs- und Restaurierungsproblemen bei den ehemaligen Festungsanlagen auf dem Schlossberg in Homburg“ in SCHMIDTCHEN (V.), (éd.), Festung, Ruine, Baudenkmal. Historische und Denkmalpflegerische Aspekte der Festungsforschung, (collection Schriftenreihe Festungsforschung), 3, Marburg, DGF, 1984, p.49-54.
  • SCHÖPPNER (M.),“Homburg in den militärischen Auseinandersetzungen zwischen 1650 und 1750“, in IBIDEM, p.9-24.

Légendes (de haut en bas) :
  1. Homburg, plan de 1694, Krigsarkivet, Stockholm.
  2. Vue aérienne d’Homburg, GoogleEarth.
UNESCO RSMV