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Type : ville neuve et citadelle
Ingénieurs : Sébastien Le Prestre de Vauban, Baptiste Joblot
Département / Région : Pyrénées-Orientales, Languedoc-Roussillon
Coordonnées : 42°30’34’’ N ; 2°07’13’’ E

Une ville neuve de Vauban

Mont-Louis est l’une des dix villes neuves créées par Vauban. Alors que le Traité des Pyrénées est signé depuis 1659, la partie française de la région de Cerdagne n’est toujours pas fortifiée et la forteresse espagnole de Puigcerdà constitue une menace pour les frontières françaises. La Guerre de Hollande a prouvé qu’il est nécessaire d’assurer une défense de ce secteur. Louis XIV approuve alors la création d’une nouvelle place forte qui aura pour rôle d’empêcher les incursions éventuelles vers le Conflent et le Capcir, et de défendre le passage vers le Roussillon. Le 17 mars 1679, Vauban vient en reconnaissance pour déterminer le terrain le plus favorable à la nouvelle construction. Son choix se porte sur une montagne isolée à 1600 mètres d’altitude, au carrefour de la vallée de la Têt, du plateau du Capcir, de la vallée de l’Aude et du col de la Perche, ouvrant l’accès au plateau de Cerdagne et à l’Espagne. Vauban dessine alors une enceinte de forme trapézoïdale à trois bastions et deux demi-lunes pour y construire une ville. Celle-ci est surplombée d’une citadelle carrée à quatre bastions orillonnés, dont les remparts sont précédés de fossés secs, de trois demi-lunes (dont l’une sur le front tourné vers la ville), d’une contre-garde et d’un chemin couvert. La citadelle possède des casernes sur toute la longueur de ses courtines, ainsi que le long d’un mur coupant son espace intérieur en deux. À l’origine, trois puits l’alimentent en eau dont le puits des Forçats, creusé à 28 mètres de profondeur, et doté d’une roue à cage d’écureuil. Une église complète l’ensemble. La ville est alimentée par son propre puits. Les remparts de la citadelle et de la ville sont flanqués de 22 échauguettes. La porte de la ville et les deux portes de la citadelle sont équipées de couloirs voûtés, de herses et de pont-levis. Le chantier de la citadelle et des remparts s’achève en 1681. Le projet de Vauban ne s’arrête pas là. Il envisage une ville basse et une redoute qui ne seront jamais édifiées.

Mont-Louis du XVIIIe au XXe siècle

Le plan d’urbanisme de la ville est terminé au XVIIIe siècle, sous la direction de l’ingénieur Joblot. À partir de 1721, une grande rue relie l’entrée de la ville à la citadelle. Le long de cette rue, il crée des îlots réservés au commerce et à l’hôtellerie et, dans les rues latérales des emplacements réservés aux tavernes. En 1722, un incendie détruit un grand nombre de constructions bâties avant l’intervention de Joblot, qui en profite pour créer de nouvelles parcelles d’habitations plus rationnelles. Mais seul un îlot sera finalement construit. Une réglementation de 1727 impose une unité de style dans l’aménagement des façades.
L’église de la ville est construite en 1733, provoquant en 1793 la désaffection de l’église de la citadelle. À la fin du XVIIIe siècle, les défenses sont renforcées et adaptées à l’évolution de l’artillerie. La prospérité de la ville est alors assurée par la présence continue des régiments. En 1793, la ville est envahie par les Espagnols, puis rendue à la France en 1795.
C’est au XIXe siècle que la ville s’ouvre au tourisme et que la citadelle est raccordée au réseau d’eau de la ville. Le puits des Forçats n’est alors plus utilisé. Dès 1887, des ouvrages fortifiés sont construits sur les hauteurs environnantes afin de compléter et moderniser le dispositif défensif. En 1922, les glacis et les ouvrages de défense intérieure et extérieure sont classés au titre des Monuments historiques. Mont-Louis n’est pas épargnée pendant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir été un lieu de refuge pour les Républicains espagnols en 1936, la citadelle est investie par les soldats de la Wehrmacht. Libérée en 1945, elle accueille dès l’année suivante le 11e bataillon parachutiste-CHOC, dissous en 1964 et remplacé par le Centre National d’Entraînement Commando.

État actuel

La ville et la citadelle sont conservées intégralement. Propriété du Ministère de la Défense, la citadelle est toujours utilisée par le Centre National d’Entraînement Commando. Des visites guidées de la ville et de la citadelle sont proposées tous les jours par l’office de tourisme. L’ensemble a été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial au titre des fortifications de Vauban en 2008.

Orientation bibliographique

AYATS (A), Louis XIV et les Pyrénées catalanes de 1659 à 1681 : frontière politiques et frontières militaires, Perpignan, 2002.
CANDAU (S.), FAUCHERRE (N.), Mont-Louis « la Militaire », Woippy, 2013.
FAUCHERRE (N.), La route des fortifications en Méditerranée, Paris, 2007.
FAUCHERRE (N.), BODIN (B.), Vauban, les sites majeurs, Grenoble, 2007, p.64-69.
LENOBLE (J.-L.), Présentation du contexte et des terrains géologiques de Mont-Louis pour le dossier de classement à l’Unesco, s. l., 2006.
MARCET (I.), JUNCOSA (A.), Abrégé d’histoire des terres catalanes du nord, Perpignan, 2001.
PAILLISSE (M.-A.), Mont-Louis place forte et nouvelle (1679-1740), Montpellier, Université P. Valéry-Montpellier, 1982, (Mémoire de Maîtrise en Histoire III).
SAHLINS (P.), Frontières et identités nationales : la France et l’Espagne dans les Pyrénées depuis le XVIIe siècle, s. l., 1986.


Légendes (de haut en bas) :
  • "Mont-Louis, plan de 1693", dans Recueil des plans des environs de plusieurs places du Royaume faits en l’an 1693, [Paris], pl. 43, gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
  • Vue aérienne de Mont-Louis, GoogleEarth, 18/08/2010.
UNESCO RSMV