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Type : citadelle et enceinte urbaine
Ingénieurs : Jean de Cologne, Galiot de Genouillac, Guyon le Roy, Louis de Foix, Jean Errard de Bar-le-Duc, Nicolas Desjardins, Dubois d’Avancour, Deshoulières, Sébastien le Prestre de Vauban, François Ferry
Département / Région : Pyrénées-Atlantiques, Aquitaine
Coordonnées : 43°29’ 37’’ N ; 1°28’30’’ O

Les premières fortifications de Bayonne

Ville d’origine gallo-romaine située au confluent de l’Adour et de la Nive à six kilomètres de l’Atlantique, Bayonne est dotée d’un castrum romain au Ve siècle. Cette fortification de huit hectares, en forme de polygone irrégulier possédait une enceinte d’une longueur d’environ 1 120 mètres, percée d’au moins trois portes et protégée par une vingtaine de tours semi-circulaires, reliées par des courtines. Au XIIe siècle, la ville passe sous tutelle anglaise. Pendant trois siècles, les souverains anglais vont la remodeler, la transformant en port d’artillerie navale et place forte militaire. Construit pendant cette période, le Vieux-Château adopte un plan carré de 35 mètres de côtés et est complétée par une grande tour hexagonale, dite de Floripès. Au XIIIe siècle, de nouvelles fortifications urbaines sont édifiées, prolongeant les défenses romaines jusqu’à la rivière.

Le rattachement de Bayonne à la France

En 1451, Bayonne est rattachée au royaume de France. Cinq ans plus tard, le « Château-Neuf » est construit à la demande de Charles VII. Entre 1512 et 1550, les travaux de modernisation et de remplacement des fortifications obsolètes se poursuivent, ordonnés par Louis XII et François Ier. Une douzaine d’édifices sont construits sous la direction de plusieurs ingénieurs dont Jean de Cologne, Galiot de Genouillac et Guyon le Roy, puis, au XVIe siècle, sous le règne d’Henri IV : Louis de Foix, Jean Errard, Desjardins, Dubois d’Avancour, Deshoulières. Leurs projets consistent à améliorer et réparer les fortifications existantes. Jean Errard fait également bâtir des bastions casematés en 1599.

Vauban à Bayonne

En 1680, Vauban remanie cette place en améliorant les ouvrages existants et dessine les projets d’une citadelle sur l’autre rive de l’Adour, face à la ville et aux châteaux préexistants, et d’un retranchement, celui du Saint-Esprit. Les travaux sont conduits sur place par l’ingénieur Ferry et s’achèvent en 1685. La citadelle est un édifice carré à quatre bastions à orillons, trois demi-lunes et des tenailles dans les fossés des courtines. Pour améliorer la protection de la porte d’Espagne, Vauban construit des bastions, un ouvrage à corne ainsi qu’une poterne. Le Château-Neuf est entièrement rénové et doté de différents bâtiments.

Bayonne du XVIIIe au XXe siècle

En 1713, le traité d’Utrecht fait perdre son importance stratégique à Bayonne. Au cours du XVIIIe siècle, les fortifications font l’objet de plusieurs campagnes de chantier. Entre 1793 et 1795, l’enceinte urbaine est renforcée par des ouvrages avancés et en 1813, la ville est aménagée en un véritable camp retranché. Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, les fortifications sont modifiées afin de les rendre plus efficaces pour les manœuvres d’artillerie. En effet, des défauts avaient été constatés lors du siège allié de 1814. En 1830, les défenses de la citadelle sont complétées par de vastes ouvrages extérieurs. La conservation et l’entretien du site se prolonge sous le règne de Napoléon III. La place forte est déclassée en 1900. Au début du XXe siècle, la destruction de quelques ouvrages fortifiés provoque la contestation au sein de la population qui se mobilise pour la sauvegarde du patrimoine fortifié, aboutissant au classement de la grande majorité de celui-ci au titre des Monuments historiques dans les années 1930.

État actuel

La citadelle de Bayonne est intégralement conservée. Elle appartient toujours au Ministère de la Défense et accueille le Premier Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine. Elle est accessible au public lors des journées portes ouvertes du régiment. La majeure partie de l’enceinte urbaine subsiste et a été transformée en parc urbain. Depuis 1970, la ville travaille à la restauration et à la reconversion d’une partie de ses fortifications. Le bastion Sainte-Claire, vidé de la terre qu’il contenait, abrite aujourd’hui un parking. Une courtine est occupée par une médiathèque. Un stade et une piste d’athlétisme ont été construits sur les glacis de la tour du Sault. Le public peut découvrir l’enceinte urbaine librement ou lors de visites guidées. Le plan-relief de la place forte réalisé au 1/600e, construit de 1819 à 1822 et réparé en 1948, est conservé au Musée des Plans-Reliefs de Paris.

Orientation bibliographique

  • Habiter les villes fortifiées, histoire, conservation, rénovation et défis urbains, Bayonne, 2010, (dossier de presse de l’exposition au musée basque, du 16 septembre 2010 au 16 janvier 2011), http://www.musee-basque.com/actu/vi..., p. 12.
  • DANGLES (P.), FAUCHERRE (N.), « Les fortifications du Bourgneuf à Bayonne, état de la question. Nouvelles hypothèses » in Revue d’histoire de Bayonne, du Pays basque et du Bas-Adour, [Bayonne], n°146, 1990.
  • DE PASCAU (M.), « El patrimonio fortificado de Bayona : Historia, conservacíon, reutilizacíon” in Ciudades amuralladas : lugares para vivir, visitar e innovar. Pampelune, 2013, p.140-149.
  • LACROCQ (N.), Atlas des places fortes de France (1774-1788), Vincennes, 1981.
  • LE BLANC (F Y), FAUCHERRE (N.), La route des fortifications en Atlantique, Paris, 2007.
  • RIBETON (O.), « El patrimonio fortificado de Bayona » in Ciudades amuralladas : lugares para vivir, visitar e innovar. Pampelune, 2013, p.129-139.
  • WARMOES (I.), Le Musée des Plans-Reliefs, Paris, 1997, p.56-57.

Légendes (de haut en bas) :
  • Bayonne, plan non daté, Krigsarkivet, Stockholm.
  • Vue aérienne de Bayonne, GoogleEarth, 12/07/2010.
UNESCO RSMV