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Type : enceinte
Département : Nord
Région : Nord-Pas-de-Calais

Historique et description
Ville médiévale, composée de deux noyaux urbains initiaux (l’abbaye de Saint-Winocq et la ville neuve du comte de Flandre Baudouin IV sur la colline du Groenberg), Bergues se développe grâce à sa situation portuaire à partir du IXe siècle. Elle reçoit ses premières fortifications, sous la forme d’une enceinte et d’un château fort (de type motte castrale). Ces murailles seront réaménagées et agrandies plusieurs fois, en 1383 notamment, année qui voit l’union définitive des deux noyaux urbains en un seul. Ce réaménagement est consécutif au siège de 1382 par le roi de France Charles VI. Le XVe siècle réédifie cette enceinte et l’adapte à l’artillerie avec l’ajout de boulevards et de couleuvrines. Au XVIe siècle, les Espagnols construisent des bastions et deux demi-lunes devant les portes du front ouest, à partir de 1558 sous le règne de Philippe II d’Espagne. Dès cette époque, la force de la place réside dans ses inondations défensives alimentées par le canal de Bergues venu de la mer et la Colme, rivière d’eau douce. Les tours des Coulevriniers, des Sept-baraques et de Neckerstor commandent ce dispositif hydraulique. A partir de 1635, d’autres chantiers de renforcement des défenses sont entrepris. Deux forts carrés, le fort Lapin au nord et le fort Suisse au sud, sont édifiés peu après cette date. Des bastions détachés sont édifiés devant les fronts orientaux de la ville, point faible de la défense, n’ayant pas de défenses hydrauliques.
Prise une première fois en 1646, la ville n’est définitivement conquise par la France qu’en 1668, au Traité d’Aix-la-Chapelle. La même année, Vauban est chargé d’en moderniser les défenses. Son premier projet, appliqué à partir de 1670, consiste en un renforcement du front oriental de la ville, les seuls dépourvus d’inondation défensive. Il y construit une tête de couronne (une variante de l’ouvrage à couronne) composée d’un bastion et de deux demi-bastions, créant ainsi deux fronts chacun précédé par une tenaille et une demi-lune. Cet ensemble est appelé Couronne Saint-Winocq, car situé près de l’abbaye du même nom. Ces premiers chantiers s’achèvent en 1677, année de son intégration à la seconde ligne du Pré Carré. Après cette date, on travaille aux réduits, demi-lunes et lunettes de la couronne. Vauban a en effet ajouté une redoute et modernisé la redoute des Dunes antérieure pour prendre à revers l’ouvrage en question. En 1699, il réalise une dernière tranche de travaux sur cette partie des remparts : des souterrains de communication et de combat y sont ajoutés, ainsi que dans les demi-lunes et fossés. Les défenses hydrauliques voient la modernisation de leurs écluses pour plus d’efficacité. Un projet d’ouvrage couronné similaire pour protéger la porte de Dunkerque, au nord de la place forte, ne sera réalisé qu’en 1744. Ailleurs, les interventions de Vauban se sont limitées à améliorer les tracés des ouvrages et au remplacement des portes de Cassel et d’Hondscoote. Dans la ville, il construit des casernes et des magasins à poudre.
Le XVIIIe siècle modifie peu l’apparence de la place : une citerne en élévation est ajoutée en 1724. Au XIXe siècle, plusieurs chantiers sont menés. Le premier se déroule sous la Monarchie de Juillet : l’ouvrage à corne de la porte sud est remplacé par un couronné dit de Biesme entourant la gare et le nouveau canal. Ce chantier se déroule entre 1840 et 1850. Le couronné de Saint-Winocq est modernisé après 1870 pour adaptation à l’artillerie rayée. Durant l’Occupation de 1940-44, les remparts sont utilisés par les Allemands pour l’entraînement au tir.

Etat actuel
La ville a conservé la quasi-totalité de ses remparts. L’ouvrage à corne protégeant la porte sud, les deux bastions retranchés de l’ouest et de la redoute Fort François, située le long du canal nord-est ont été démolis. Les fossés ont été également remblayés dans cette zone. Les autres inondations et remparts sont conservés mais envahis par la végétation. Leurs visites sont possibles, avec ou sans guide. Le plan relief de la ville, construit en 1699 au 1/600e, réparé en 1771, existe toujours. Il est conservé au Musée des Beaux Arts de Lille.
Bergues présente un intérêt moyen dans l’œuvre de Vauban en tant que place remaniée.

Orientation bibliographique
BRAGARD (P.), CHEUVA (P.), COMBEAU (Y.), et al…, Etoiles de pierre. Voyage en Nord Pas-de-Calais, Villeneuve d’Ascq, 2003.
BRAGARD (P.), TERMOTE (J.) et WILLIAMS (J.), A la découverte des villes fortifiées : places fortes du Kent, de la Côte d’Opale et de la Flandre occidentale, Canterbury = Lille, 1999, éd. Réseau des villes fortifiées.
FAUCHERRE (N.) et HANSCOTTE (F.), La route des villes fortes en Nord, Paris, 2003, éd. Le Huitième Jour, coll. Les étoiles de Vauban.
SALAMAGNE (A.), Vauban en Flandre et en Artois : les places de l’intérieur, Saint-Léger-Vauban, 1995.
WARMOES (I.), Les plans en relief des places fortes du Nord dans les collections du Palais des Beaux-Arts de Lille, Lille-Paris, 2006.


Légendes (de haut en bas) :
  • Bergues, plan de 1693, Krigsarkivet, Stockholm.
  • Vue aérienne de Bergues, GoogleEarth, 13/07/2010.
UNESCO RSMV