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Breisach-am-Rhein

Type : enceinte remaniée
Ingénieurs : Sébastien le Prestre de Vauban, Jacques Tarade
Région : Land de Bade-Wurtemberg
Pays : Allemagne
Coordonnées : 48°01’41’’ N ; 7°34’33’’E

Les fortifications habsbourgeoises
La ville de Breisach, apparue à l’époque romaine, est située sur une colline, le long de la rive droite du Rhin et devant un gué. La première fortification mentionnée dans un édit de l’empereur Valentinien Ier est un castrum de surveillance du limes du Rhin, situé sur la colline de l’actuelle ville haute.
Conquise par les Alamans vers 400, la ville se développe progressivement au Moyen Âge et devient une ville du Saint-Empire romain germanique en 1273. C’est de cette époque que date la première enceinte, alors limitée à la ville haute.
Les premiers chantiers modernes sont attestés à partir du XVIe siècle, lorsque la rivalité s’accroît entre l’Empire des Habsbourg d’Autriche et la France des Valois. Une enceinte à sept bastions dirigés vers la campagne est placée devant l’enceinte médiévale. Un réduit en étoile est placé en arrière de la porte sud de cette enceinte. Vers la France, une double tête de pont est établie sur une île (redoute triangulaire) et en rive gauche du Rhin (ouvrage à cornes). Les deux sont reliés par des ponts en bois depuis la porte du Rhin.
Prise en 1638 par le duc Bernhard de Saxe-Weimar, général allemand combattant pour les armées de Louis XIII, Breisach est rattachée à la France en 1648 par les traités de Westphalie qui concluent la Guerre de Trente Ans. La France acquiert ainsi une tête de pont pour agir en Allemagne. Cette prise n’entraîne, semble-t-il, pas de modifications aux fortifications jusqu’en 1661. L’ingénieur piémontais Valpergue élabore un projet qui n’est pas réalisé.

Les interventions de Vauban
L’intendant d’Alsace Colbert Saint-Marc, cousin du ministre du même nom, fait appel à Vauban en mai 1663. Celui-ci élabore son premier projet en mars 1664, qui mène à reconstruire les bastions et à approfondir les fossés. Sa réalisation ne s’achève qu’en 1679, avant une inspection du ministre Louvois. Cette enceinte est composée de sept fronts bastionnés équipés de huit bastions, sept demi-lunes et une contregarde. Elle est précédée d’un glacis à places d’armes rentrantes et de fossés inondés. La demi-lune de la porte du nord-est est à réduit. Une lunette dotée de son propre glacis précède le deuxième bastion sud. Côté fleuve, c’est une simple muraille qui ferme le pourtour de la ville. Le système défensif de la tête de pont rejoignant la France comprend un fort carré à quatre bastions et une demi-lune avec chemin-couvert et glacis appelé le « Fort du bout du pont », ainsi qu’une lunette à réduit accostée de bonnettes et d’une demi-lune, le fort Mortier. Le tout est relié à la porte du Rhin, ouverte dans la muraille médiévale, par plusieurs ponts de bois. Afin d’augmenter la superficie constructible, Vauban et l’ingénieur Jacques Tarade dessinent en 1678 le projet de la ville neuve de Saint-Louis-de-Brisach (voir fiche correspondante). En 1697, le traité de Ryswick mettant fin à la Guerre de la Ligue d’Augsbourg impose à la France de restituer Breisach et démolir la ville neuve de Saint-Louis-de-Brisach. Les fortifications sont conservées par les Allemands. En 1703, la ville est à nouveau assiégée et prise par la France (Guerre de Succession d’Espagne). C’est le dernier siège conduit par Vauban, qui n’apporte ensuite que des réparations aux remparts, avant que la ville ne soit restituée au Saint-Empire romain germanique.

Breisach du XVIIIe siècle à nos jours
Non modifiées au cours du XVIIIe siècle, les fortifications sont démolies en 1741 à la demande de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. La ville sera ravagée par un bombardement français en 1793 ; son enceinte n’est pas refaite au siècle suivant. Entre 1936 et 1940, des ouvrages de la Ligne Siegfried sont construits autour de Breisach. Ils seront détruits en même temps qu’une grande partie de la ville, par les bombardements alliés entre octobre 1944 et mars 1945.
Il ne subsiste aujourd’hui plus grand-chose du complexe défensif de Breisach. La porte du Rhin en est le seul vestige bien conservé. Elle a été restaurée après 1945 et abrite le musée de l’histoire de la ville. Le rempart médiéval l’entoure sur plusieurs centaines de mètres. À l’est, le tracé de ce rempart peut se repérer dans un parc urbain. La visite de ces éléments est possible, libre ou guidée, sur renseignements à l’office de tourisme. De nombreuses synergies et accords de jumelage ont été conclus avec Neuf-Brisach sur la base de l’héritage commun des deux villes. De la ville neuve de Saint-Louis-de-Breisach et des ouvrages de la Ligne Siegfried, il ne reste rien de visible.

Orientation bibliographique

  • BOUCON (J.), Sur les pas de Vauban en Lorraine et au-delà des frontières, Metz, 2007.
  • DE ROUX (A.), Ville neuve, urbanisme classique, Paris, 1997, p. 25-27.
  • DUPARC (P.), Les actes du traité de Munster de 1648 entre la France et l’Empire, Bibliothèque de l’école des Chartes, volume 107, Paris, 1948, p.52-61.
  • IBER (A.), Die feste Breisach in der neueren kriegsgeschichte am o berrhein (1697-1745), Freiburg, 1936, réédition de 2003.
  • MARTIN (P.), La route des fortifications dans l’Est, Paris, 2007.
  • MONGIN(M.), STEENBERGEN (M.), Neuf-Brisach, la ville idéale, Nancy, 2013, p.4-8.
  • OZIOL (A.), « La ville nouvelle de Vauban : un urbanisme à la gloire de Louis XIV » in Vauban militaire et économiste sous Louis XIV, t. II : Vauban et Longwy à Louis XIV. Les Guerres de Louis XIV, Luxembourg, 2009, p. 217-250, (actes du colloque de la Commission lorraine d’Histoire militaire des 29 et 30 septembre 2007 à Longwy).
  • WEBER-JENISH (G.), Museum für Stadtgeschichte Breisach am Rhein, Selbverlag der Stadt Breisach am Rhein, 1993.
  • Art. Das historische Breisach, in BREISACH, Breisach-am-Rhein, site officiel, http://www.breisach.de/html/seiten/...

Légendes (de haut en bas) :
  1. Breisach-am-Rhein et ville neuve de Saint-Louis-de-Breisach, plan gravé, non daté, Krigsarkivet, Stockholm
  2. Vue aérienne de Breisach-am-Rhein, GoogleEarth, 09/07/2011.
UNESCO RSMV