titre accueil site
Fiche-detaillee Resultat-de-la-recherche,129 Resultat-de-la-recherche Notice-detaillee Resultat-de-la-recherche,139

Type  : enceinte urbaine et forts
Ingénieurs  : Louis Le Roux d’Infréville, Sébastien le Prestre de Vauban, Benjamin de Combes, Pierre-Jean de Caux
Département / Région : Manche, Basse-Normandie
Coordonnées  : 49°38’20’’ N ; 1°37’30’’ O

Le château et l’enceinte médiévale de Cherbourg

Ville d’origine romaine, Cherbourg est dotée dès le Xe siècle de son premier château et de sa première enceinte, soumis aux nombreux sièges qui ont opposé la France et l’Angleterre à la fin du Moyen Age. La ville est définitivement rattachée à la France en 1450. Le château et les remparts médiévaux sont alors restaurés. En 1639, le commissaire général de la marine de Louis XIII, Louis Le Roux d’Infréville, remet un rapport au roi défendant l’importance stratégique du site, qui n’est cependant pas suivi d’effets.

Vauban à Cherbourg

Vauban se rend sur place en 1686 et constate le mauvais état des fortifications de Cherbourg. Partagent le point de vue de Le Roux, il propose un premier projet utilisant l’eau pour la défense de la place ; les fossés sont alors recreusés. Les ouvrages existants sont réutilisés ; à ceux-ci s’ajoutent cinq nouveaux bastions et un ouvrage à corne pour protéger la ville et l’étendre à l’ouest et au sud. Les travaux débutent en 1687 sous la direction de l’ingénieur de Combes. Louvois ordonne le démantèlement de la place avec le château médiéval à la fin 1688 afin d’éviter qu’elle ne serve de base à l’ennemi. Vauban perfectionne la protection du site en 1694 et 1699.

L’évolution des fortifications de Cherbourg au XVIIIe siècle

Sous la Régence et sous le règne effectif de Louis XV, d’autres projets vont être élaborés mais seulement un seul est réalisé : la construction du premier fort de Querquinville en 1756. Mais, deux ans plus tard, celui-ci ne suffit pas à protéger Cherbourg d’une attaque anglaise. Ce n’est qu’en 1774, à la veille de l’engagement français dans la guerre d’Indépendance américaine que Louis XVI consent à reconsidérer Cherbourg comme place stratégique pour y établir un port militaire. En 1779, l’ingénieur de Caux reprend les projets de Vauban et fortifie l’Île Pelée et le rocher de Homet en construisant le fort Royal (1782-1785) sur la première île, et le fort casematé d’Artois sur la seconde.
En 1787, le fort de Querquinville est reconstruit en fort casematé et doté d’un ouvrage à corne et de fossés inondés. La construction du port arsenal débute en 1788, sur ordre du duc Harcourt, gouverneur de la Normandie qui a convaincu Louis XVI de la nécessité de créer une grande digue pour protéger le mouillage. La Révolution interrompt les travaux en 1792.

Les fortifications de Cherbourg aux XIXe et XXe siècles

Les fortifications sont aménagées et renforcées, suivant les évolutions de l’artillerie, du Consulat à la fin du XIXe siècle. En 1858, Napoléon III inaugure les installations de l’arsenal. Base navale pendant la guerre de 1870, puis base de flottilles de surveillance et port de ravitaillement pendant la Première Guerre mondiale, le site est incorporé en 1942 dans le Mur de l’Atlantique alors que la ville est sous occupation allemande. Le port militaire fortifié est doté de nombreux bunkers. Après la bataille de la Libération, il est reconstruit et modernisé.

État actuel

Les forts de l’Île Pelée et du rocher de Homet, les digues et bassins du port arsenal existent toujours bien que transformés et endommagés durant la Seconde Guerre mondiale. Ils peuvent se visiter sur renseignements à l’office de tourisme local. Il ne subsiste que de rares vestiges des fortifications. Le site est toujours occupé par la marine française. Le plan-relief, réalisé de 1813 à 1819 et conservé au Musée des Plans-Reliefs à Paris, témoigne de l’état des fortifications au XIXe siècle.

Orientation bibliographique

FAUCHERRE (N.), LECUYER (G.), La route des fortifications en Bretagne Normandie, Paris, 2006.
FOURNIER (P.), « La place forte de Cherbourg au XIXe siècle » in Vauban et ses successeurs sur les côtes de la Manche, Paris, 2003, p.345-353.
FOURNIER (P.), « Les forts de Cherbourg » in Vauban et ses successeurs sur les côtes de la Manche, Paris, 2003, p.355-362.
PROST (P.), « Le contexte général et stratégique de Cherbourg » in Vauban et ses successeurs sur les côtes de la Manche, Paris, 2003, p.95-105.
WARMOES (I.), Le Musée des Plans-Reliefs, Paris, 1997, p.63-64.


Légendes (de haut en bas) :
  • Plan de Cherbourg en 1686, gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
  • Vue aérienne de Cherbourg, GoogleEarth, 24/07/2010.
UNESCO RSMV