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Type : enceinte, fort
Département : Isère
Région : Rhône-Alpes

Historique et description
Née sur l’Isère d’un vicus gallo-romain, Grenoble reçoit une enceinte urbaine à partir de 296 de notre ère, sous l’Antiquité tardive. Les fortifications romaines subsistent jusqu’au XVIe siècle et sont modifiées à plusieurs reprises. D’abord, par un agrandissement au XIIIe siècle à l’emplacement de l’actuel musée des Beaux Arts, ensuite par l’ajout d’un tour de protection de la porte Saint-Laurent et du pont sur l’Isère en 1382, et enfin, en 1444 avec l’extension de la ville au sud-est. Dans ce dernier cas, une maison forte est ajoutée au même moment sur la colline de Rabot pour surveiller la route de Lyon. Prise par le protestant Lesdiguières en 1590, la ville voit le remplacement de cette enceinte ancienne par un premier rempart bastionné, plus large que le précédent et triplant la superficie intramuros. Deux nouvelles portes sont installées dans cette enceinte sur la rive droite : la porte de France et la porte Saint-Laurent, le long de l’Isère. Une première fortification de hauteur est créée sur la colline de la Bastille qui domine Grenoble, il s’agit d’une redoute, reliée à l’enceinte par des bastions et redans. Une citadelle carrée est ajoutée à l’est, près de la rive gauche de l’Isère. Un premier agrandissement de cette enceinte bastionnée est réalisé en 1639 par l’ingénieur Jean de Biens, sur ordre du petit-fils de Lesdiguières, François de Créqui. L’agrandissement est réalisé au sud-est par l’ajout de deux bastions complets, raccordés à l’enceinte par deux demi-bastions. Deux demi-lunes complètent ces remparts en 1661. Le reste de l’enceinte est modernisé, tandis que Jean de Biens entreprend de domestiquer les ruisseaux du Verderet et du Draguet, ainsi que l’endiguement du Drac, affluent de l’Isère, pour protéger la ville contre les inondations. Un second agrandissement de l’enceinte est réalisé à l’ouest entre 1670 et 1675, l’agrandissement Créqui, dénommé ainsi car François de Créqui en est également le commanditaire.
Vauban visite Grenoble à deux reprises : en 1692 et 1700. Durant sa première visite, menée à la suite d’une tentative de siège savoyarde, il nous décrit la ville de Grenoble comme indéfendable vu le mauvais état de ses fortifications et les terrains militaires occupés par des habitations. Pour y remédier, son projet prévoit de dégager l’enceinte des constructions parasites, de reboucher les brèches que l’on y a percées, de terrasser convenablement les glacis, d’approfondir les fossés, d’ajouter des demi-lunes et de créer des avants fossés. Pour la Bastille, il préconise le remplacement de la redoute ancienne par un nouveau fort étagé sur plusieurs niveaux. En 1700, il dessine des ajouts à son premier projet : démolition de la citadelle de Lesdiguières pour la remplacer par des casernes et des magasins, et agrandissement de l’enceinte vers le sud pour inclure les faubourgs qui la débordent. Toutefois peu de modifications sont réalisées : des contreforts au revers des courtines, quatre demi-lunes et deux magasins à poudre sont construits entre 1692 et 1700. Le fort de la Bastille n’est pas réalisé faute d’argent. Quant aux occupations de terrains militaires par des civils, Elles persistent et se multiplient durant le XVIIIe siècle.
Quarante ans après le décès de Vauban, les ingénieurs de Louis XV proposent en 1747 de percer un canal de dérivation de l’Isère. Le projet vise, d’une part la lutte contre les inondations, d’autre part à constituer un retranchement hydraulique. Plusieurs ouvrages défensifs doivent être construits le long du canal. Ce projet n’aboutit pas non plus. Il faut attendre la Restauration en 1816 pour voir se concrétiser enfin les ouvrages projetés par Vauban : le général Haxo dessine le fort de la Bastille de 1818 à 1823 et l’ingénieur Tournadre agrandit l’enceinte urbaine vers le sud, accomplissant les grandes lignes des projets de Vauban. Ces chantiers débutent en 1824 et se terminent sous la Monarchie de Juillet en 1844. Après 1873, le colonel Cosseron de Villenoisy, collaborateur du général Séré de Rivières, construit une ceinture de six forts périphériques sur les hauteurs environnantes.

Etat actuel
L’enceinte urbaine de Grenoble a été rasée en 1877. Des boulevards et une gare occupent les emplacements anciens. Il subsiste un magasin à poudre construit selon les projets de Vauban et quelques vestiges médiévaux. Le fort de la Bastille a été conservé en majeure partie et aménagé en lieu de promenade. Un téléphérique le relie à la ville. En ce qui concerne les forts périphériques, ceux du Bourcet, de Comboire et de Saint-Eynard ont bénéficié de restaurations et de réaffectations et peuvent se visiter. Les trois autres, forts du Murier, de Montavie et des Quatre-Seigneurs, sont en ruines. Le plan relief construit de 1838 à 1848 au 1/600e, est conservé au Musée des Plans-reliefs de Paris, mais n’est pas exposé.
Si le fort de la Bastille ne doit rien à Vauban, il en garde l’esprit, son concepteur, le général Haxo, est resté un fervent défenseur de la fortification bastionnée. De plus, les emplacements et tracés de ce fort correspondent en grande partie à ceux des projets de 1692 et 1700.

Orientation bibliographique
BARDE (Y.), Sentinelles des Alpes, citadelles et fortifications, Rennes, 2010, éd. Ouest-France.
BORNECQUE (R.) et FAUCHERRE (N.), La route des fortifications dans les Alpes, Paris, 2006, coll. Les étoiles de Vauban.
BORNECQUE (R.), Vauban et les Alpes, Saint-Léger-Vauban, 1995, éd. Association des Amis de la Maison Vauban.
BORNECQUE (R.), L’architecture militaire dans les Alpes et le Jura (XVIIe et XVIIIe siècles), Lille, Université de Lille II, 1982, (Thèse de Doctorat).
Vauban et ses successeurs en Savoie et en Isère, Paris, 2001, éd. Association Vauban, (actes du colloque de 1998).


Légendes (de haut en bas) :
  • Grenoble, plan non daté, Krigsarkivet, Stockholm.
  • Vue aérienne de Grenoble, GoogleEarth, 08/07/2010.
UNESCO RSMV