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Type : enceinte urbaine
Ingénieurs : La Touche, Sébastien le Prestre de Vauban, Raymond-Adolphe Séré de Rivières
Département / Région : Nord, Nord-Pas-de-Calais
Coordonnées : 50°14’59’’ N ; 3°38’18’’ E

Les premières fortifications du Quesnoy

Ville fondée en 1142, sur une crête de partage des eaux entre deux affluents de l’Escaut, par le comte de Hainaut, Le Quesnoy est doté d’un château et de remparts en 1150. La première enceinte est composée de murailles crénelées avec chemin de ronde et ponctuée de tours circulaires. Elle est précédée par un fossé. Le château est carré à quatre tours d’angle et donjon central. Il est entouré d’un fossé. Les bâtiments sont dominés par une forte tour et l’ensemble constitue une véritable forteresse. Une haute tour de guet surmonte les bâtiments et la grosse tour.

Le Quesnoy sous domination espagnole

L’enceinte médiévale est remplacée partiellement par une enceinte moderne à partir de 1533, alors que la ville est sous domination espagnole. Cinq bastions à orillons carrés sont placés devant les remparts et font disparaître la majorité des tours du Moyen Âge. Le tracé des remparts subit des rectifications partielles, des terrées sont placées derrière les murailles. On conserve une douzaine de tours médiévales. Deux encadrent la porte Fauroeulx tandis que les portes de Valenciennes et de Saint-Martin s’ouvrent chacune dans une grosse tour semi-cylindrique ; les autres subsistent sur les courtines. Sur la moitié de la place, du sud-est à l’ouest, des marécages rendent l’approche difficile. Des étangs, des fossés et des viviers occupent le fond de vallon humide. Philippe IV d’Espagne ordonne des réparations entre 1637 et 1643. Les remparts sont restaurés et reçoivent des palissades. Des corps de garde et des ouvrages détachés prennent place dans et devant les portes. Toutes les demi-lunes sont équipées de fraises, de fausse-brayes et de chemins couverts palissadés. La porte de l’enceinte dite de Saint-Martin est flanquée de deux demi-lunes successives tout comme celle de Fauroeulx.

Une ville française

Assiégée plusieurs fois par la France et les Pays-Bas, la ville est prise sous Louis XIV en 1654 et rattachée définitivement à la France par le traité des Pyrénées de 1659. Après la cession de la ville, les premiers chantiers français consistent en une restauration de la place forte, dont les ouvrages extérieurs avaient été détruits par les Espagnols avant leur défaite de 1654. De 1655 à 1658, les frères Talon, intendants de la région font réparer les dégâts du siège de 1654. Dès 1659, l’ingénieur La Touche propose un vaste plan de modernisation : les cinq bastions doivent être détachés du corps de place, la demi-lune de la porte Forest doit être agrandie et revêtue et la partie est de l’enceinte, toujours médiévale, doit être défendue par un ouvrage à l’aspect d’une citadelle hexagonale dépourvue de bastion contre la ville. Ce projet n’est pas réalisé, à l’exception de ce qui concerne le bastion royal. À l’arrivée de Vauban, cinq petits bastions jalonnent le corps de place, défendus par une douzaine de dehors en terre. Tous sont installés devant les courtines, sauf un, installé devant un bastion. Devant les portes de Valenciennes et de Fauroeulx, deux demi-lunes ont été refaites. La plupart des dehors baignent dans des fossés remplis d’eau ou dans les marécages, aux limites variables. Un chemin-couvert complète la défense. Il englobe les fossés au nord et au sud.

Vauban et Le Quesnoy

Vauban intervient à partir de 1668 ; il conserve quatre bastions datant de l’époque de Charles Quint et en construit quatre nouveaux. Il régularise ainsi l’enceinte de Le Quesnoy. Deux des bastions sont équipés d’un orillon, et cinq autres sont doublés d’une contregarde, le tout précédé des inondations de tenailles, de demi-lunes, de flèches et d’un chemin-couvert. Le système d’inondation repose sur la demi-lune des Suisses, ancien saillant de l’enceinte espagnole que Vauban transforme en un double ouvrage détaché couvrant à la fois les vannes entre deux nappes et le principal moulin de la place. Les batardeaux et la digue de l’étang d’Aulnoye sont bâtis en 1672. L’étang du Fer à Cheval complète les défenses. La réfection est interrompue en 1673 par la guerre de Hollande mais reprend en 1675 avec la création de l’étang du Pont Rouge. En 1678, Le Quesnoy est intégrée à la première ligne du Pré Carré. En 1698, après la Guerre de la Ligue d’Augsbourg, Vauban dépose un dernier projet de modernisation : les demi-lunes de terre des fronts 6 à 8 doivent être maçonnées et agrandies et dotées de tenailles, la contregarde du bastion Soyez doit être achevée et une autre ajoutée au bastion Impérial. La défense de la porte Fauroeulx doit être améliorée par la création d’un retranchement entre les deux étangs défensifs. L’ingénieur Génédot, en poste sur place critique ce projet mais ne propose rien d’autre en échange. Les travaux prévus par Vauban ne sont pas réalisés.

Le Quesnoy aux XVIIIe et XIXe siècles

En 1710, cinq lunettes de terre sont construites afin d’éloigner les assiégeants de la ville, en occupant les hauteurs. Les Hollandais, qui occupent la ville depuis 1712, réalisent le projet de Vauban et édifient un ouvrage à corne à la porte Fauroeulx ainsi que quelques redoutes. À partir de 1720, d’autres améliorations sont effectuées dans la lignée des projets de Vauban dont la construction de redoutes et le remplacement de l’ouvrage à corne Fauroeulx. Au XIXe siècle, les casernes du château sont reconstruites et des casemates maçonnées ou terrassées sont ajoutées dans les différents ouvrages. Séré de Rivière construit des abris casematés en 1878, suite au reclassement du Quesnoy comme fort d’arrêt. En 1881, l’intérêt de la place est encore conforté.

État actuel

L’ensemble des remparts de Le Quesnoy subsiste. Déclassés définitivement en 1901 et propriété de la commune, ils sont régulièrement entretenus. Pour les défenses hydrauliques, deux des trois bassins existent encore et sont entretenus par un curage périodique. La place de Le Quesnoy illustre le génie d’adaptation de Vauban à des ouvrages existants et ses connaissances en matière hydraulique, faisant de l’eau un élément à part entière de son système de défense.

Orientation bibliographique

DEBRABANT (B.), La fortification du Quesnoy au dix-huitième siècle, Le Quesnoy, 1981.
DEBRABANT (B.), La fortification du Quesnoy au dix-septième siècle, Le Quesnoy, 1983.
DEBRABANT (B.), Vauban et la fortification du Quesnoy au XVIIe siècle, Le Quesnoy, 2007.
DUVIVIER (J.), Le Quesnoy, ses annales, ses sièges, ses fortifications, Lille, 1934.
FAUCHERRE (N.), HANSCOTTE (F.), La route des villes fortes en Nord, Paris, 2003.
Ouvrage collectif, Septentrion, le guide : entre Mer du Nord et Meuse, 19 villes fortes s’unissent pour inventer un idéal urbain, s. l., 2008, p. 42-43. Ouvrage collectif, Vauban, sa vie, son œuvre, Paris, 1998, éd. Les Amis de la Maison Vauban, p. 51-53.


Légendes (de haut en bas) :
  • Le Quesnoy, plan de 1690-1692 environ, Krigsarkivet, Stockholm.
  • Vue aérienne de Le Quesnoy, GoogleEarth, 18/08/2010.
UNESCO RSMV