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Type : enceinte urbaine, citadelle
Ingénieurs : Sébastien le Prestre de Vauban, Antoine Niquet, Louis de Cormontaigne
Département / Région : Moselle, Lorraine
Coordonnées : 49°07’13’’ N ; 6°10’40’’ E

La première citadelle

Agglomération d’origine celte, Metz devient une des plus importantes villes gallo-romaines. Ruinée par les Huns en 451, elle devient la capitale du royaume franc d’Austrasie. Alors que Metz est devenue ville impériale au Moyen Âge et berceau des Carolingiens, elle s’entoure de deux enceintes aux XIIIe et XVe siècles. Après son rattachement à la France en 1552, Metz se couvre de casernes et accueille une garnison nombreuse. La citadelle, ouvrage quadrangulaire à quatre bastions est construite de 1554 à 1569. Elle comprend alors un hôtel du Gouverneur et un magasin aux vivres.

Vauban à Metz

En 1673, Vauban est chargé par Colbert d’améliorer le système défensif de la ville. Il élabore un projet un an plus tard, reconnaissant le grand intérêt stratégique de la place forte et délègue l’ingénieur Niquet pour l’exécuter. Les chantiers démarrent en 1676 mais le programme de constructions militaires n’est pas achevé sous Louis XIV. Les chantiers consistent en une modernisation des remparts urbains et de la citadelle. Tous les bastions de la citadelle sont dotés de flancs bas voûtés. La contre-garde est reconstruite. Les remparts de la Chambière et de la citadelle sont précédés de sept demi-lunes et d’ouvrages à corne. Un rempart supplémentaire est construit sur la hauteur de Bellecroix et permet ainsi la création d’un espace de rassemblement pour 15 000 hommes. Des défenses hydrauliques doivent être ajoutées par le creusement de deux bassins artificiels, de batardeaux et d’écluses, telle celle des Arènes.

Les interventions de Cormontaigne

Les ouvrages de l’enceinte seront achevés par Cormontaigne, lors du règne de Louis XV. Les fronts orientaux et septentrionaux remplacent les remparts médiévaux. L’empreinte défensive gagne du terrain avec le déploiement des premiers ouvrages détachés. Le fort de Bellecroix et la double couronne sont édifiés dans la première moitié du XVIIIe siècle. La caserne de la Chambrière est bâtie de 1732 à 1747 et la redoute bastionnée de la Seille est achevée en 1737. Cormontaigne travaille sur les fortifications de Metz entre 1728 et 1749 et il y applique sa propre méthode de fortification, tout en poursuivant les projets de Vauban et de Niquet. À la même époque, l’évêque de Metz, Henri de Cambout de Coislin fait édifier une caserne à quatre corps sur le lieu-dit du Champ de Seille, réalisée au frais de la ville. Pendant la Révolution, la citadelle est détruite, à l’exception du magasin aux vivres.

Metz aux XIXe et XXe siècles

Au XIXe siècle, Metz fait l’objet d’un vaste projet de modernisation de ses fortifications. Une nouvelle ceinture fortifiée s’ébauche en 1867-1868 avec la réalisation de grands ouvrages détachés. Au début de la guerre franco-prussienne de 1870, la ceinture n’est pas achevée. Toutefois, celle-ci reste marquée par les défaites françaises et le siège de Metz. L’annexion de Metz et de la Moselle par l’Empire allemand renforce les déploiements militaires dans et surtout autour de Metz. La ville est alors transformée en un vaste camp retranché, faisant de Metz le rempart de l’Empire. La ceinture de forts débutée sous le Second empire est achevée et en 1899, la construction d’une seconde ligne de fortifications débute, permettant de relier les places de Metz et Thionville et protégeant ainsi la vallée de la Moselle. Entre 1877 et 1905, 17 grands quartiers de casernes d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie et de génie se construisent.

État actuel

Les remparts urbains et la citadelle de Metz ont été démolis aux XIXe et XXe siècles pour faire place à des boulevards urbains et une gare. Il n’en subsiste que le fort de Bellecroix à l’est, ainsi que les casernes qui en sont proches, des fragments de remparts subsistent au nord, la caserne Chambière, l’arsenal, l’hôpital militaire, et la place d’armes avec ses bâtiments. De la citadelle, le magasin aux vivres existe encore. Occupé par l’armée jusqu’en 1970, il a été transformé en hôtel de luxe et restaurant gastronomique. Le plan relief construit entre 1821 et 1825, mis à jour en 1879 et 1919 est conservé au Musée des Plans-Reliefs de Paris.

Orientation bibliographique

MARTIN (P.), La route des fortifications dans l’Est, Paris, 2007.
WARMOES (I.), Le Musée des Plans-Reliefs, Paris, 1997, p.40.


Légendes (de haut en bas) :
  • Metz, plan de 1732, Krigsarkivet, Stockholm.
  • Vue aérienne de Metz, GoogleEarth, 17/08/2010.
UNESCO RSMV