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Type : citadelle et enceinte
Ingénieurs : Sébastien le Prestre de Vauban, Raymond-Adolphe Séré de Rivières
Département / Région : Ardennes, Champagne-Ardenne
Coordonnées : 49°55’ 34’’ N ; 4° 31’20’’E

La création d’une ville neuve

La place forte de Rocroi a été créée en 1555, sur l’ordre du roi Henri II afin de contrer la forteresse de Charlemont, construite par l’empereur Charles Quint. François Ier, père d’Henri II, avait déjà construit un fortin en 1545, près du village de Roulcroix. Le fortin et le village disparaissent lors de la construction de la ville. Elle se présentait sous la forme d’un pentagone irrégulier doté de cinq bastions à orillons, de deux portes et d’un fossé. L’intérieur s’organise selon un plan radioconcentrique composé de dix rues. En 1610, cinq demi-lunes sont construites. Le bastion du nord-est devient un bastion retranché et les flancs de tous les autres bastions sont rectifiés et deviennent droits. Durant une occupation espagnole, deux contre-gardes sont ajoutées devant les bastions du Roi et de Montmorency. Le 19 mai 1643, au cours de la guerre de Trente Ans, la ville de Rocroi est au centre d’une bataille entre la France et les Espagnols. Cette dernière permit à la France victorieuse de renforcer sa position dans la région.

Vauban à Rocroi

En 1673, Vauban remanie à son tour la place de Rocroi en créant un chemin couvert et des traverses sur les parapets. De nouvelles tours sont créées à proximité des fossés ainsi que de nouvelles rampes d’accès, des poternes, une nouvelle contre-garde pour le bastion du Roy, des casemates dans le même bastion ainsi qu’un souterrain. Un réduit est ajouté dans la demi-lune de la porte de France. Vauban transforme le bastion du nord-est en citadelle, dans laquelle il édifie des casernes et un magasin à poudre. Un réduit est ajouté dans le bastion sud-ouest. Les remparts sont maçonnés. Un vaste arsenal est bâti en 1692, derrière la courtine du front nord. Rocroi est intégrée à la deuxième ligne du Pré Carré. En 1706, Vauban propose la construction d’un ouvrage à corne et d’un ouvrage à couronne, mais ceux-ci ne seront pas réalisés.

Rocroi aux XVIIIe et XIXe siècles

Les travaux de modernisation se poursuivent au XVIIIe siècle. Quatre lunettes sont ajoutées : deux devant le bastion sud et une devant chaque bastion du front nord. Une lunette de terre est ajoutée en 1744, côté ouest, appelée lunette d’Asfeld. Sous la Révolution française, en 1792, quatre flèches avancées complètent le dispositif. Dans la première moitié du XIXe siècle, de nouvelles contregardes sont ajoutés pour couvrir les bastions et les courtines. Elles sont reliées par des ouvrages en terre. Les dehors sont améliorés, les courtines sont dotées de tenailles à double caponnière. Pour protéger l’armement du corps de place, les bastions sont dotés de cavaliers, percés d’abris maçonnés. En 1884, Séré de Rivières ajoute huit casemates afin de loger la garnison sur place.

État actuel

La ville a conservé la majeure partie de ses remparts. Ceux-ci se visitent grâce à la présence de nombreux sentiers. Seules les portes ont été modifiées pour faciliter la circulation. Des bâtiments intérieurs, plusieurs ont été conservés malgré les dégâts causés par le siège prussien de 1870 : un corps de garde qui abrite le musée de la bataille de Rocroi et qui présente une copie du plan-relief de la place en 1889, un arsenal militaire transformé en logements et deux magasins à poudre. Le puits subsiste toujours sur la place d’armes centrale.

Orientation bibliographique

BARBE (M.-F.), Le destin d’une place-forte : Rocroi, Rocroi, 1979.
LACROCQ (N.), Atlas des places fortes de France (1774-1788), Vincennes, 1981.
MARTIN (P.), La route des fortifications dans l’Est, Paris, 2007.
Ouvrage collectif, Revue historique du plateau de Rocroi, Rocroi, 1922-1936.
PETIT (F.), Rocroy, carnet des rues. Guide de la ville et de ses fortifications, s. l. n. d.


Légendes (de haut en bas) :
  • Plan de Rocroy où sont marqués les jardins et maisons à la distance de 250 toises de la palissade. Envoyé le 1er 7bre 1714, 1714, gallica.bnf.fr/ Bibliothèque nationale de France.
  • Vue aérienne de Rocroi, GoogleEarth, 30/06/2010.
UNESCO RSMV