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Type : enceinte, arsenal, forts, tours puis camp retranché
Ingénieurs : Jean-Antoine de La Porte, Ercole Negro, Raymond de Bonnefons, Sébastien le Prestre de Vauban, François Gombert
Département/ Région : Var, Provence-Alpes-Côte d’Azur
Coordonnées : 43°07’20’’ N ; 5°55’48’’ E

Toulon du Moyen Âge au XVIIe siècle

Sous le règne d’Henri IV et durant les troubles de la Ligue, l’enceinte médiévale de la ville de Toulon est remplacée par une enceinte bastionnée qui en quadruple la superficie. L’ingénieur italien Ercole Negro dessine le projet en 1589 et dirige les chantiers jusqu’à leur achèvement en 1595. Cette enceinte est prolongée dans la mer par Raymond de Bonnefons en 1605. Pour cela, une darse est bâtie, protégée par deux môles tenaillés. En 1609, Richelieu décide de transférer à Toulon l’arsenal de galères alors basé à Marseille. Ce « Parc de marine », berceau du futur grand arsenal est implanté dans la partie nord-ouest de la darse de Bonnefons. Un chantier de construction navale occupe le terre-plein maritime. Des magasins et ateliers sont édifiés le long des remparts qui couvrent la darse. Aménagé au fil du temps et sans plan d’ensemble, le parc s’étend progressivement vers la ville. La tour de Balaguier, dite Petite tour, est construite également sous Richelieu entre 1634 et 1636 à un kilomètre de la tour Royale. Construite au cap dit de la Manègue, à l’entrée du port, cette tour, dénommée Grande tour et tour Royale est réalisée de 1514 à 1524, sous la direction de Jean-Antoine de La Porte. Les deux tours sont semblables et équipées de la même façon.

Les interventions de Vauban

Vauban est appelé à Toulon en 1679 par Colbert qui, dès 1671, veut transformer et agrandir l’arsenal pour qu’une flotte de 50 à 60 vaisseaux puisse y mouiller. Vauban synthétise en 1679 les projets de ses prédécesseurs (Puget, Arnoul, Gombert et Clerville). Toulon entre alors dans une vague de grands travaux qui dureront 15 ans pour l’essentiel. Une nouvelle darse est construite à l’ouest de la vieille darse de Louis XIII et Henri IV. Tous les équipements nécessaires d’un port militaire y sont prévus : corderies, magasins aux cordages, forges, ateliers de charpentage, magasins pour les vaisseaux, etc. Ce projet conduit à agrandir la ville vers l’ouest, à l’abri d’une enceinte bastionnée qui protège la ville et l’arsenal. Il n’est pas achevé à la mort de Vauban. Le fort Saint-Louis est achevé en 1697 devant la rade des Vignettes, non loin de Toulon, afin d’occuper une baie proche d’où l’on peut bombarder l’arsenal depuis un bateau. Il s’agit d’une batterie d’artillerie semi-elliptique et dotée d’une tour de gorge à deux niveaux.

Le fort de l’Eguillette

D’autres ingénieurs réalisent des fortifications pour Toulon et sa rade. De 1672 à 1685, l’ingénieur Gombert construit le fort de l’Eguillette sur la pointe du même nom, face à la tour Royale du XVIe siècle pour en compléter l’action. Il s’agit d’une tour carrée, flanquée de deux batteries d’artillerie. La tour comporte deux niveaux et tous les équipements nécessaires pour la garnison. La terrasse sommitale est équipée d’un parapet. L’accès côté terre est protégé par des galeries de fusillade, disposées sur deux niveaux le long des faces arrière des batteries. Le niveau supérieur est à ciel ouvert. Vauban propose de surélever la terrasse sommitale de la tour pour y placer des canons.

Toulon aux XVIIIe et XIXe siècles

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les projets de Vauban sont poursuivis et complétés. Quelques pavillons supplémentaires sont construits sous Louis XV et Louis XVI mais ce n’est que dans les années 1760-1780 que de nouveaux ouvrages militaires sont ajoutés pour améliorer les défenses de l’enceinte urbaine côté terre. Un camp retranché et trois forts, dits de Lamalgue, Sainte-Catherine et Faron, sont construits à l’est de la ville, sur la plaine située entre la mer et le mont Faron, une colline de 584 mètres d’altitude qui borde Toulon. Les chantiers sont en grande partie achevés en 1789. Les travaux du fort Faron ont été interrompus en 1770.
Sous la Monarchie de Juillet, l’arsenal du Mourillon est ouvert et quelques ouvrages sont modernisés mais le projet d’agrandissement de l’arsenal et de l’enceinte urbaine de 1846 restent lettre morte. Il faut attendre le Second Empire pour que Napoléon III décide de l’exécuter à partir de 1852. L’ancien arsenal de Vauban est conservé pour les réparations mais trois autres arsenaux sont créés pour les constructions neuves : Mourillon, Castigneau et Missiessy. Les bassins du port sont approfondis par dragage au milieu du XIXe siècle et les darses sont rehaussées en 1859. L’arsenal de Mourillon est agrandi pour accueillir des navires modernes et des bâtiments projetés sous la Monarchie de Juillet sont réalisés. L’arsenal du Castigneau est édifié de 1855 à 1869. Il comporte trois grands bassins de radoub. Jugé insuffisant en 1860, on lui adjoint l’arsenal de Missiessy en 1861.
Les chantiers ne sont pas encore terminés lorsqu’éclate la Guerre franco-prussienne en 1870. Sous la Troisième République, les chantiers sont arrêtés. L’enceinte urbaine a été refaite et agrandie vers l’est, à partir de 1852. Un dernier fort est construit sur le mont Faron après 1870, afin d’appuyer le fort Faron achevé en 1845. À la fin du XIXe siècle, l’arsenal de Toulon a presque atteint les limites qui sont les siennes aujourd’hui. En quelques décennies, sa superficie a quadruplée, son outillage portuaire et ses moyens lui ont permis d’opérer la construction et le déploiement d’une marine nombreuse et moderne. Au tournant du XXe siècle, l’expansion de l’arsenal atteint son maximum.

État actuel

Une partie de l’enceinte urbaine subsiste à l’est, au nord et à l’ouest de Toulon. Il s’agit des fronts comportant les portes d’Italie, de Sainte-Anne et de Malbousquet. Les quatre forts externes et le camp retranché subsistent également. Les trois tours de vigie de la rade sont également conservées. Dans l’arsenal, toujours militaire, une partie de la corderie d’Ancien Régime subsiste, ainsi que la porte monumentale de 1738 et le bâtiment à l’horloge de 1775. Tous ces monuments sont ouverts à la visite. Le plan relief réalisé entre 1796 et 1800 à l’échelle 1/600e est exposé au Musée des Plans-Reliefs à Paris.

Orientation bibliographique

ADGE (M.), CATARINA (D.) et alii, La route des fortifications en Méditerranée, Paris, 2007.
BATTESTI (M.), « L’arsenal de Toulon » in Vauban et ses successeurs dans les ports du Levant et du Ponant : Brest et Toulon, Paris, 2000, p.173-186.
CROS (B.), « Le fort de l’Eguillette » in Vauban et ses successeurs dans les ports du Levant et du Ponant : Brest et Toulon, Paris, 2000, p.307-312.
CROS (B.), « Le fort de Balaguier » in Vauban et ses successeurs dans les ports du Levant et du Ponant : Brest et Toulon, Paris, 2000, p.315-317.
CROS (B.), « Le fort Faron » in Vauban et ses successeurs dans les ports du Levant et du Ponant : Brest et Toulon, Paris, 2000, p.355-358.
CROS (B.), « Le fort Saint-Louis » in Vauban et ses successeurs dans les ports du Levant et du Ponant : Brest et Toulon, Paris, 2000, p.319-323.
CROS (B.), « Le patrimoine militaire de la rade de Toulon : histoire, territorialité et gestion patrimoniale » in In Situ, [En Ligne], 16/2011, mis en ligne le 27 juin 2011, consulté le 21 avril 2015. URL : http://insitu.revues.org/275 ; DOI : 10.4000/insitu.275
DE ROUX (A.), Villes neuves, urbanisme classique, Paris, 1997.
WARMOES (I.), Le Musée des Plans-Reliefs, Paris, 1997.


Légendes (de haut en bas) :
  • « Toulon et sa rade, plan de 1700 » in Cartes des environs de plusieurs places [entre les Alpes et la Méditerranée et sur les Côtes de la Manche], [Paris], pl. 15, gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
  • Vue aérienne de Toulon et de sa rade, GoogleEarth, 17/09/2010.
UNESCO RSMV